L’Invité de Dracula et autres récits
Bram Stoker
Préface de Florence Stoker · Traduction de Georges Fernandes
Il est des histoires qui ne finissent pas à la dernière page : elles attendent, dans le noir, que l’on éteigne la lampe.
C’est la nuit de Walpurgis. Un voyageur anglais, par bravade, quitte la voiture qui devait le ramener à Munich et s’enfonce à pied vers un village que les siècles ont déserté. La neige tombe, les chevaux se cabrent, le cocher se signe, et quelque chose, tout près, tourne autour de lui. Ainsi s’ouvre L’Hôte de Dracula, un chapitre que Stoker avait retranché de son roman, et qui donne son titre à ce recueil.
Publié à titre posthume, ce volume est le dernier cadeau de l’auteur de Dracula. Quelques mois avant sa mort, Stoker en avait conçu le dessein, et c’est sa veuve, Florence, qui en a achevé l’ordonnance et signé la préface. On y trouve le maître du vampire loin des châteaux carpatiques, dans ses laboratoires plus intimes : les nouvelles de jeunesse, les récits des revues, les cauchemars que l’on écrit avant de savoir qu’ils feront un jour une légende.
Neuf récits se succèdent, comme autant de portes entrebâillées sur l’inquiétude :
- L’Hôte de Dracula, la nuit où les morts ne dorment pas ;
- La Maison du Juge, où un étudiant, venu chercher le silence, trouve des rats et le regard d’un portrait ;
- La Squaw, dans la Nuremberg des instruments de torture, où une cruauté d’un autre âge réclame son dû ;
- Le Secret de l’Or qui Croît, histoire d’une chevelure que la mort n’arrête pas ;
- La Prophétie de la Bohémienne, où une parole jetée au détour d’un campement pèse plus lourd qu’un destin ;
- L’Arrivée d’Abel Behenna, drame de la côte cornouaillaise, âpre comme la mer ;
- L’Enterrement des Rats, plongée dans le Paris des chiffonniers, où le danger a l’odeur de la misère ;
- Un rêve de mains rouges ;
- Les Sables de Crooken, sur une plage écossaise où l’été lui-même devient suspect.
Le fantastique, chez Stoker, n’est jamais gratuit. Il naît d’une faute, d’un orgueil ou d’un oubli, et la peur est le prix qu’il faut payer pour avoir cru que le monde était simple. Sous le frisson, on sent l’homme de théâtre : le sens de la scène, de l’attente, de la chute qui tombe comme un rideau. Ses décors sont des auberges, des falaises, des maisons trop vieilles, et les personnages y avancent vers leur sort avec la naïveté de ceux qui ne croient pas encore.
La traduction de Georges Fernandes restitue cette langue de veillée, ample et nerveuse, qui sait suspendre une phrase au bord du vide. Elle conserve la gravité victorienne, ses politesses, ses ironies, ses pudeurs, et laisse monter l’angoisse comme monte la marée dans les sables. Ce volume permet de relire Stoker autrement : comme un conteur d’une rare diversité, qui sait aussi bien terrifier que serrer le cœur.
À lire par grand vent, de préférence, quand les volets claquent et qu’une porte, quelque part, semble ne pas vouloir rester fermée.
Fiche
- Titre : L’Invité de Dracula et autres récits (Dracula’s Guest and Other Weird Stories)
- Auteur : Bram Stoker (1847–1912)
- Préface : Florence Stoker
- Traduction : Georges Fernandes
- Genre : Fantastique, nouvelles, littérature gothique
- Édition : Athelis Éditions, 2026
- ISBN : 9798177271545



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