M Barnstaple chez les hommes-dieux
M. Barnstaple chez les Hommes-Dieux H. G. Wells
M. Barnstaple mène une existence terne. Sous-directeur d’un modeste journal londonien, époux attentionné mais secrètement las, il décide un beau matin de prendre le volant et de fuir — sans destination précise, sans plan arrêté, juste la route et le silence. Mais la route, ce jour-là, réserve une surprise que nul horaire de vacances n’aurait pu prévoir : au détour d’un chemin de campagne, sa petite décapotable jaune et deux autres automobiles sont happées hors du monde connu et propulsées dans un univers parallèle.
Ce monde s’appelle Utopie.
Ses habitants, quelques millénaires en avance sur l’humanité terrestre, ont su éliminer la guerre, la maladie, la misère et le mensonge. Ils communiquent par la pensée, vivent en harmonie avec une nature magnifique et regardent leurs visiteurs avec une bienveillante perplexité. Pour Barnstaple — homme ordinaire, âme sincère — c’est l’éblouissement, la révélation, presque le paradis.
Mais ses compagnons d’infortune, eux, ne partagent pas cet enthousiasme. Parmi eux : un politicien conservateur arrogant, un secrétaire d’État belliqueux, un prêtre catholique outré et une poignée d’Anglais bien-pensants, tous incapables de voir en l’Utopie autre chose qu’une menace ou une provocation. Leur réaction ne tardera pas : il faut civiliser ces sauvages trop libres, les ramener dans le droit chemin — celui de la politique, de la religion, de la propriété.
Publié en 1923 sous le titre original Men Like Gods, ce roman est l’une des œuvres les moins connues et les plus lumineuses de H. G. Wells. Loin de la noirceur de La Guerre des mondes ou de l’angoisse de L’Île du Docteur Moreau, Wells y déploie ici une utopie rigoureuse et convaincante, portée par une satire sociale d’une férocité souriante. À travers le regard émerveillé de ce héros sans éclat mais sans préjugés, c’est toute la médiocrité des institutions humaines — politiques, religieuses, militaires — qui se trouve impitoyablement mise à nu.
Un siècle après sa parution, le roman n’a rien perdu de sa force ni de son actualité.
Cette édition présente la traduction française de Louis Labat, fidèle à l’esprit et à la lettre du texte original, restituée ici dans son intégralité.



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