Le voleur
Le Voleur Georges Darien
Présentation
Publié en 1897, Le Voleur s’ouvre sur un dispositif narratif habile : un voyageur découvre, dans une chambre d’auberge, un manuscrit abandonné — l’étrange confession d’un homme. Cet homme, c’est Georges Randal.
Issu d’une famille bourgeoise, Randal voit son héritage dilapidé par un oncle sans scrupules qui le dépouille en toute légalité. Appauvri et floué, il tire de cette expérience une leçon radicale : il sera voleur. Non par nécessité, mais par logique — et par défi. Car pour Randal, les vrais voleurs ne sont pas ceux que l’on croit.
Ce récit à rebondissements, dans le pur style du roman-feuilleton, est aussi une dénonciation sans merci de la société bourgeoise du XIXe siècle. Darien y démontre que la corruption est partout : chez les politiciens, les hommes d’Église, les juges, les médecins.
Le Voleur est emblématique du combat d’une vie entière, celui que Darien mena vigoureusement contre l’ordre établi. Avec une ironie tranchante et une liberté de ton qui n’appartient qu’à lui, il livre ici son œuvre la plus accomplie — saluée par André Breton comme « le plus rigoureux assaut contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise et la lâcheté », et citée par Alfred Jarry parmi les grands livres de son temps.
Le roman a connu une adaptation cinématographique signée Louis Malle en 1967, ainsi qu’une adaptation en bande dessinée en 1986.
Un classique oublié de la littérature anarchiste française, enfin accessible.
Georges Darien (1862–1921) est l’un des écrivains les plus subversifs de la Belle Époque. Auteur notamment de Biribi et Bas les cœurs !, il reste aujourd’hui une voix à redécouvrir.



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